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L'affichage environnemental est prévu pour 2011

Le niveau des émissions de gaz à effet de serre et d’autres indicateurs environnementaux vont bientôt s’afficher en magasin pour tous les produits. La viande bovine ne s’en tirera probablement pas avec une bonne note.

28 septembre 2009 S.Bourgeois Vu 3496 fois 1 réactions

Les projets de loi « Grenelle de l’environnement » 1 et 2 rendent obligatoire un affichage environnemental pour tous les produits de grande consommation, dès le 1er janvier 2011. L’échéance est donc courte. L’affichage environnemental se mettra cependant progressivement en place. On ne sait pas pour l’instant si les produits alimentaires, et la viande bovine en particulier, seront concernés dès cette date. Les grands principes sont déjà fixés, mais il reste encore beaucoup de décisions à prendre. « La méthodologie est arrêtée », explique Edouard Fourdrin, ingénieur à l’Ademe. « L’affichage sera basé sur l’analyse du cycle de vie des produits et de leur emballage. Il ne concernera pas que les émissions de gaz à effet de serre. D’autres indicateurs y figureront. » Pour l’instant, le choix de ces autres indicateurs est en phase de réflexion. La consommation d’eau, l’utilisation de pesticides… ont de bonnes chances d’être retenus. L’Institut de l’élevage qui participe au groupe de travail défend en particulier la mise en place dans l’affichage d’un indicateur de biodiversité. « A ce stade, la biodiversité reçoit un avis positif. Comme pour les autres indicateurs, il faudra ensuite caler la méthodologie », explique Jean-Baptiste Dollé de l’Institut de l’élevage. Elle pourrait s’inspirer du barême utilisé dans le cadre de la PHAE qui évalue des « équivalents biodiversité » (arbres isolés, mares, tourbières, landes, parcours, prairies humides ou littorales, surfaces en zone Natura 2000, etc.).

Le stockage du carbone dans le sol en question

Pour l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre, les règles spécifiques pour les produits alimentaires sont actuellement discutées au sein d’un groupe de travail. Ce dernier réunit les autorités publiques, les instituts techniques agricoles, des consultants, des associations de consommateurs et des associations environnementales. Les instituts techniques agricoles ont développé leur propre méthode : Gestim qui concerne le circuit de l’amont au portail de l’exploitation. « Nous l’avons testée sur différents systèmes de production avec des résultats probants », constate Jean-Baptiste Dollé. Cette méthode permet de tenir compte de nombreux critères techniques des élevages (niveau d’intensification, importance du pâturage, niveau d’autonomie alimentaire…). La prise en compte du stockage du carbone dans le sol sous les prairies fera encore l’objet d’importants arbitrages. Le groupe de travail animé par l’Ademe a pris la décision suivante : « La variation de stockage du carbone dans les sols (stockage et déstockage) doit être prise en compte, à condition d’avoir une méthode consentuelle qui permette de calculer cette variation. Or pour le moment, il n’y a pas de consensus scientifique sur ce sujet », rapporte Edouard Fourdrin. « Gestim fournit une valeur de 500 kilos de carbone/hectare/an stockés pour les prairies de moins de 30 ans. Ceci représente déjà une réduction de 30 à 50 %(1) des émissions totales d’un élevage », indique Jean-Baptiste Dollé. « L’idée est de faire une proposition de prise en compte puis de l’affiner dans les années futures. Nous participons également aux groupes internationaux de la FAO sur ces aspects. Ils sont tout à fait favorables pour retenir le stockage du carbone. » Les travaux actuels de l’Inra indiquent d’autre part que le stockage peut dans certaines conditions représenter 1 tonne, voire davantage, de carbone/ hectare/an sous prairie. Affaire à suivre donc.

Un affichage par référence commerciale

L’affichage environnemental sera établi par référence commerciale. Les différents indicateurs seront calculés en fonction des sources des produits qui rentrent dans la fabrication de cette référence commerciale. Pour l’instant, on ne sait pas si les indicateurs seront réactualisés tous les mois, tous les ans ou tous les deux ans. Fin 2009, on devrait en savoir davantage sur les règles spécifiques pour les produits alimentaires et 2010 sera une année de test des méthodes retenues. Difficile donc d’évaluer aujourd’hui à combien de kilos équivalent CO2 sera affiché le steak, et quels sont les facteurs qui pourront jouer sur cette valeur. Mais il est d’ores et déjà probable que l’étiquette de la viande bovine pèsera bien lourd en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre en comparaison des autres aliments.

(1) 200 kg de carbone/ha/an pour les prairies de plus de 30 ans. Une compensation de 50 % des émissions est atteinte avec un système 100 % herbe.

 

L'analyse du cycle de vie

L’analyse du cycle de vie L’analyse du cycle de vie, ou ACV, permet de quantifier les impacts d’un produit ou d’un service, depuis l’extraction des matières premières qui le composent jusqu’à son élimination en fin de vie, en passant par les phases de distribution et d’utilisation, soit « du berceau à la tombe ». Cette méthode, apparue dans les années 70, entre dans les méthodes couramment utilisées en gestion de l’environnement, notamment depuis sa normalisation avec la série des normes ISO 14 040.

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    Aux émissions de GES d'origine animale, on répond que la prairie permanente est un puits de carbone. On ne dit jamais qu'elle est un poumon vert. Ne pourrait-on pas communiquer plus sur le fait que la prairie permanente produit de l'oxygène? Connaît-on le volume (ou le tonnage?) d'O2 produit par un hectare de prairie? Serait-il illusoire de mettre en balance cet effet positif par rapport aux émissions de GES? Pourrait-on cumuler les effets "production O2" et "piège à carbone" pour renforcer l'image écologique de la prairie et donc de la viande? Lors de mes guidances-nature, je dis, en boutade, que je gère, avec l'aide de quelques herbivores, une fabrique d'oxygène et une unité de stockage de carbone... Meilleures salutations. NB : ma "fabrique d'oxygène" est une exploitation herbagère, bovins allaitants, sur les plateaux ardennais (Belgique)

    MARTIN Isabelle - le 10 décembre 2009 à 15:55:34

 
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