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Au Gaec de la Cordinière dans les Deux-Sèvres

Des céréales immatures ensilées pour assurer ses stocks

L’ensilage de céréales immatures constitue la base de la ration des jeunes bovins de l’élevage d’Hervé Maguis et de Dominique Moine. Il a remplacé le maïs. de l’exploitation.

10 juin 2011 C. Delisle Vu 3209 fois
Le fourrage apporte 0,70 UFL/kgMS, 62 g PDIE et 47 g PDIN pour un taux de MS de 33 %.

Le fourrage apporte 0,70 UFL/kgMS, 62 g PDIE et 47 g PDIN pour un taux de MS de 33 %. - © C. Delisle

Depuis octobre 2008, au Gaec de la Cordinière les jeunes bovins sont engraissés avec de l'ensilage de céréales immatures. "du blé à 85 % et du triticale pour le reste », précise Hervé Maguis. La culture est conduite comme un blé classique. Le semis a lieu en octobre pour une densité s’élevant à 180 kg par hectare. Les éleveurs effectuent un désherbant au semis, puis un fongicide six semaines avant récolte (avant épiaison). La récolte intervient au stade laiteux pâteux, généralement entre le 1er et le 15 juin. La plage de récolte est très courte. « La maturation est rapide. Si on attend trop longtemps, on perd en rendement et la valeur en matière sèche augmente », préviennent les deux associés.

CONSERVATEUR OBLIGATOIRE

L’ensilage est réalisé par l’intermédiaire d’un entrepreneur. A cette période de l’année, pas de problème de disponibilité. Par contre, Hervé Maguis et Dominique Moine insistent sur l’importance de l’incorporation d’un conservateur pour ce type de fourrage. Bien qu’onéreux (60 à 70 €/ha), il est obligatoire, d’après eux. L’application se fait par le biais de l’ensileuse. Pour la confection du silo, le conseil est de bien tasser et de disposer de brins coupés finement pour éviter le passage de l’air dans les tiges. « Le taux de matière sèche doit approcher les 30-33 %.Au-delà, on constate des problèmes de conservation car le silo est plus difficile à tasser », conseille Dominique Moine. Les exploitants obtiennent ainsi des rendements compris entre 9,5 et 10 TMS/ ha. A titre de comparaison, les rendements en triticale atteignent les 55 à 60 quintaux par hectare. Exception faite de cette année où en raison de la sécheresse printanière exceptionnelle, les éleveurs tablent sur 7,5 à 8 TMS/ha.

UN ALIMENT FIBREUX

Cet ensilage est la base de la ration d’engraissement des 50 taurillons produits annuellement. Une ration unique leur est distribuée journalièrement à l’aide d’un bol mélangeur. Du sevrage à l’abattage, elle se compose de céréales immatures, de triticale aplati produit sur l’exploitation et d’un correcteur azoté à 36 puis à 34 de MAT (voir tableau).Avec cette ration, le GMQ, du sevrage (7 mois) à l’abattage (16 mois) atteint 1685 g/j pour des poids moyens de 430 kg carcasse. « L’ensilage de céréales immatures a l’avantage d’être très fibreux, donc de faire ruminer sans apport de paille, contrairement à une ration à base de maïs », constate Olivier Thibault, responsable aliment de Pasquier VGT’AL. Les problèmes d’acidose sont également évités. Ce fourrage est par contre pauvre en UF. Pour optimiser les croissances des jeunes bovins, un correcteur azoté adapté à la ration est apporté. Il se présente sous forme de mash et se compose principalement de tourteaux de colza et de soja, de graines de lin extrudées et de maïs grain laminé.


L’ajustement du correcteur a demandé un travail de deux ans pour obtenir une ration couvrant bien tous les besoins. Sa valeur UF a été augmentée. « Les animaux démarraient bien, mais on rencontrait des problèmes en finition. Jusqu’au milieu de l’engraissement, un correcteur à 36 de protéine et 1 UF est ajouté en complément de la ration pour ensuite passer à un correcteur à 34 de protéine pour 1,05 UF. L’idée étant de mettre un correcteur moins riche mais en quantité plus importante et un peu moins de céréales pour obtenir de meilleures finitions et une meilleure couverture de gras », continue Olivier Thibault. L’année dernière, trois cases ont fait l’essai avec un correcteur à 34 contre 36 pour le reste du troupeau. Une réduction de 14 jours de temps de présence pour des poids identiques a été observée. L’indice de consommation en engraissement est de 3,650 kg de MS ingérée par kilo de gain en poids vif. Cette année, les taurillons ont pu en bénéficier dès le sevrage et après deux pesées, les éleveurs estiment atteindre les 1800 g/j de GMQ sevrageabattage, car la première pesée se situait à 2 100 g/j de GMQ.


« Aujourd’hui, la ration est bien calée, mais nous sommes en réflexion pour l’avenir d’apporter une petite proportion d’ensilage de RGI et trèfle Incarnat pour diminuer l’apport de correcteur et s’approcher encore plus de l’autonomie alimentaire. A voir! Cette année, vu la sécheresse exceptionnelle, l’implantation de moha ou de sorgho fourrager après la récolte de notre ensilage, est envisagé avant un ray-grass en septembre », concluent les éleveurs.

 

Fabrice Pottier, technicien Bovins Croissance Deux Sèvres

"L'assurance de stocks à moindre coût"


« Cette ration à base de céréales immatures est une bonne solution même en année de sécheresse. Le département subit depuis trois ans des déficits hydriques par endroits. L’ensilage de céréales immatures permet à l’exploitation d’assurer des stocks en quantité et qualité tout en minimisant le coût de la ration. Les broutards ont une forte croissance dès qu’ils débutent la phase d’engraissement (GMQ 7-10 mois : 1726 g/j), ce qui s’explique par la conduite des veaux. Durant le premier hiver, ils ont des croissances avoisinant les 900 g/j, afin d’éviter les problèmes de grippe. »

 

 

 
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